Quand on cherche une phrase pour jeter un sort, on veut souvent savoir comment l’expression se construit et ce qu’elle dit vraiment. Ici, pas d’incantation ni de formule de grimoire : on regarde le sens, la grammaire et des phrases d’exemple que l’on peut réutiliser telles quelles.
Que signifie « jeter un sort » ?
Jeter un sort à quelqu’un, c’est lui lancer un maléfice, une malédiction censée lui apporter le malheur. La locution verbale appartient à l’univers de la sorcellerie et des contes : la sorcière, la fée Carabosse ou le magicien jettent un sort, et leur victime en subit les effets. Au sens figuré, l’expression décrit aussi un charme puissant : une voix, un regard ou une musique peuvent « jeter un sort » à celui qui les écoute.
Le mot « sort » explique cette double lecture. Il vient du latin sors, qui désignait le tirage au sort, puis ce que le hasard réserve à chacun. En français, il a gardé le sens de destin (« le sort s’acharne »), puis a glissé vers celui de sortilège, une influence magique qui détourne le destin de quelqu’un. Jeter un sort revient donc à imposer à autrui un mauvais sort, ou un sort tout court, par la force de la magie.
Construction et emplois courants
La construction la plus classique est « jeter un sort à quelqu’un » : La sorcière a jeté un sort au prince. On rencontre aussi « jeter un sort sur quelqu’un » ou « sur quelque chose » (un sort a été jeté sur la maison). Avec un pronom, on dit elle lui a jeté un sort, et l’on peut préciser la nature du maléfice avec « un mauvais sort », « un sort de sommeil » ou « un sort funeste ».
Le verbe « jeter » a ses pièges d’accord. Le complément « un sort » se place souvent avant le verbe dans une relative, et le participe s’accorde alors avec lui : le sort qu’elle lui a jeté, mais les sorts qu’elle lui a jetés. Si on remplace « jeter » par « lancer », l’accord reste le même, mais le verbe change de registre : « lancer un sort » est devenu courant dans les jeux vidéo, sous l’influence de l’anglais, alors que « jeter un sort » reste la tournure traditionnelle.
Au quotidien, l’expression se rencontre surtout au figuré, souvent avec une pointe d’humour. On dira d’un séducteur qu’il a « ensorcelé » son public, ou d’une série qu’elle nous a « jeté un sort » tant on enchaîne les épisodes. Le registre est courant, parfois familier selon le contexte, et le sens littéral reste réservé aux récits de magie, de contes et de fantasy.
Expressions voisines à ne pas confondre

Le mot « sort » entre dans plusieurs expressions qui n’ont presque rien à voir avec un maléfice. Les confondre mène à des contresens, surtout avec « faire un sort à », qui a peu de rapport avec la sorcellerie.
| Expression | Sens | Exemple |
|---|---|---|
| Jeter un sort à quelqu’un | Lui lancer un maléfice, ou le captiver au figuré | La sorcière lui a jeté un sort. |
| Faire un sort à quelque chose | En venir à bout, le consommer en entier (familier) | Ils ont fait un sort au gâteau. |
| Le sort en est jeté | La décision est prise, on ne peut plus revenir en arrière | J’ai signé : le sort en est jeté. |
| Tirer au sort | Désigner quelqu’un ou quelque chose par le hasard | Le gagnant sera tiré au sort. |
| Le sort des armes | L’issue d’un combat, qui dépend du hasard et de la force | Il s’en remet au sort des armes. |
« Faire un sort à quelqu’un » : un faux ami du maléfice
Appliquée à une personne, la formule est familière et plutôt menaçante : elle signifie s’en débarrasser, voire la supprimer. Elle n’a donc pas le sens de lancer une malédiction. Appliquée à un plat ou à une bouteille, elle devient joyeuse et veut dire tout avaler.
« Le sort en est jeté » mérite une remarque à part. Ici, « jeter » garde son sens ancien de lancer les dés ou les sorts du hasard, comme dans « les dés sont jetés ». Personne ne lance de malédiction : on constate qu’une décision irrévocable vient d’être prise.
Exemples et citations pour l’employer
Voici quelques phrases prêtes à l’emploi, du sens propre au sens figuré :
- La vieille sorcière jeta un sort à la princesse, qui s’endormit pour cent ans.
- On raconte qu’une malédiction avait été jetée sur le château par un paysan ruiné.
- « Quelqu’un m’a jeté un sort ! » plaisante-t-il chaque fois qu’il rate son train.
- Cette mélodie m’a jeté un sort : impossible de me la sortir de la tête.
- Le héros doit trouver l’ingrédient qui lèvera le sort jeté sur son village.
Pour varier, les synonymes ne manquent pas : ensorceler, envoûter, maudire ou lancer un maléfice. Le dernier cas, « lever un sort » ou « briser un envoûtement », désigne l’opération inverse. Quant aux citations, il vaut mieux les chercher dans les contes (Perrault, Grimm) et dans les dictionnaires comme le Larousse ou celui de l’Académie française, qui rangent l’expression sous l’entrée « jeter » et donnent des emplois datés.
En résumé, la phrase pour jeter un sort la plus juste reste celle qui suit la construction « jeter un sort à quelqu’un », avec le bon accord du participe. Pour la magie véritable, mieux vaut s’en remettre aux livres de contes.



