Un tiroir qui déborde de grandes pochettes brunes, des clichés de genou, de dents ou de poumons vieux de vingt ans, et cette question qui revient à chaque déménagement : où jeter les radios sans mal faire ? La réponse n’est pas la poubelle, et elle dépend surtout du support. Une radio argentique et un CD d’imagerie ne suivent pas du tout le même chemin.
Où déposer ses radiographies pour s’en débarrasser
Pour une radiographie argentique, c’est-à-dire un film plastique transparent, la meilleure adresse reste celle qui l’a produite. Voici les points de dépôt, du plus fiable au plus aléatoire :
- Le radiologue ou le centre d’imagerie médicale qui a réalisé l’examen : beaucoup reprennent les clichés, car ils ont déjà un contrat avec un prestataire qui récupère les films.
- L’hôpital ou la clinique, souvent via le service d’imagerie ou l’accueil des archives médicales.
- La déchetterie, à condition de l’appeler avant : certaines acceptent les films radiographiques avec les déchets dangereux, d’autres les refusent.
- Une filière de recyclage spécialisée dans la récupération de l’argent, plutôt réservée aux professionnels mais parfois ouverte aux particuliers.
La pharmacie n’est en général pas concernée : elle reprend les médicaments non utilisés, pas les clichés. Pour les objets piquants, consultez plutôt le guide sur l’élimination sécurisée des aiguilles usagées. Un coup de téléphone avant de vous déplacer évite un trajet inutile, car les pratiques varient d’une commune et d’un cabinet à l’autre.
Le bon réflexe avant de sortir de chez soi
Appelez d’abord votre radiologue habituel. Si le cabinet ne reprend pas les films, demandez-lui quelle déchetterie ou quel prestataire il utilise : il connaît presque toujours la filière locale.
Pourquoi on ne doit pas jeter ses radios à la poubelle
Le film radiographique n’a rien d’un simple morceau de plastique. Sa surface est recouverte d’une émulsion contenant des sels d’argent, un métal lourd qui pollue les sols et les eaux quand il finit en décharge ou à l’incinération. Selon les collectivités, ces films sont classés parmi les déchets spéciaux, voire les déchets dangereux, ce qui explique le refus de certaines déchetteries.
L’argent a aussi une vraie valeur. Les entreprises spécialisées brûlent ou traitent les films pour récupérer le métal, puis le réinjectent dans l’industrie. Chaque cliché jeté à la poubelle est donc à la fois une pollution évitable et une matière première perdue. Ce n’est pas un détail : pour un cabinet qui élimine des milliers de films par an, la filière de recyclage est un circuit à part entière.
Radios argentiques ou numériques : la procédure change

Depuis les années 2000, la plupart des examens sont numériques et remis sur CD ou DVD, ou téléchargés via un portail. Ces supports ne contiennent pas d’argent, mais ils renferment des données de santé, ce qui change le problème. Le tableau ci-dessous résume la marche à suivre.
| Support | Risque principal | Où l’éliminer |
|---|---|---|
| Film argentique | Pollution à l’argent, identité lisible | Radiologue, hôpital, déchetterie, filière de recyclage |
| CD ou DVD d’imagerie | Données médicales lisibles | Destruction du disque, puis point de collecte des CD ou tri classique |
| Fichiers téléchargés | Copies oubliées sur un ordinateur ou une clé | Suppression définitive des fichiers et de la corbeille |
Une précision utile : le terme DEEE désigne les appareils électriques et électroniques en fin de vie. Il concerne votre négatoscope ou votre lecteur de DVD, pas vos clichés eux-mêmes.
Protéger ses données de santé avant l’élimination
Une radio porte presque toujours votre nom, votre date de naissance et parfois le nom du médecin prescripteur. Elle fait partie de votre dossier médical, même si vous en détenez un exemplaire. La jeter entière dans une poubelle de rue, c’est laisser vos données de santé à la portée du premier venu.
Le plus sûr est de la confier à un professionnel de santé, qui procède à une élimination sécurisée. Si vous passez par la déchetterie, découpez ou masquez la zone d’identification, puis fragmentez le film. Pour un CD, cassez-le en plusieurs morceaux ou passez-le dans une déchiqueteuse prévue pour les supports optiques.
Faut-il garder ses anciennes radios avant de les jeter ?
La question mérite une minute de réflexion, car un cliché ancien peut servir à un médecin pour comparer l’évolution d’une lésion ou d’une arthrose. La durée de conservation du dossier médical est de vingt ans à l’hôpital, à compter du dernier passage, et les cabinets libéraux s’alignent en général sur cette durée. Pour un mineur, le délai court jusqu’à ses 28 ans au minimum. Passé ce cap, rien ne vous oblige à garder vos exemplaires.
Gardez en priorité les clichés liés à une maladie chronique, à une fracture mal consolidée ou à une opération. Pour le reste, demandez à votre médecin traitant son avis, ou numérisez les clichés si vous tenez à une trace.
Radios d’un parent décédé : trier avant de jeter
Rien n’interdit de s’en débarrasser, mais prenez le temps de les regarder. Si le défunt souffrait d’une maladie à composante héréditaire (cancer, cardiopathie), ses clichés peuvent intéresser un médecin pour votre propre suivi. Conservez-les dans ce cas, puis éliminez-les par la même filière que les autres.
Que faire si personne ne veut vos radios

Cela arrive : un cabinet fermé, un radiologue parti à la retraite, une déchetterie qui refuse les films. Contactez alors la mairie ou l’intercommunalité, qui connaît la filière de collecte des déchets dangereux du territoire. Certaines organisent des collectes ponctuelles, qui acceptent aussi les films radiographiques.
En dernier recours, l’agence régionale de santé ou l’hôpital le plus proche peut vous orienter vers une structure qui récupère les films. Ne laissez jamais le paquet dans un conteneur de quartier : la solution existe presque toujours, il suffit de passer deux coups de fil.





