Savoir ce qui va dans le compost et ce qui n’y a pas sa place, c’est la question que se posent presque tous ceux qui débutent. Entre les épluchures de fruits et légumes, les tontes de gazon ou le carton, le tri n’est pas toujours évident au premier coup d’œil. Voici de quoi trier sans hésiter, du plus courant au plus surprenant.
Ce qu’on peut mettre dans le compost, en un coup d’œil
Un compost équilibré mélange des déchets organiques riches en azote (les déchets verts) et des déchets riches en carbone (les déchets bruns). Les épluchures de fruits et légumes, le marc de café, les tontes de gazon fraîches ou les fleurs fanées se décomposent vite et apportent l’humidité nécessaire. À l’inverse, les feuilles mortes, le carton non imprimé, les branches broyées ou la paille apportent la matière sèche qui structure le tas et évite qu’il ne se transforme en bouillie.
Vérificateur de compostabilité
Cliquez sur les déchets que vous souhaitez composter pour vérifier s’ils peuvent y aller.
Vous pouvez composter :
À éviter absolument :
| Catégorie | Exemples | À faire |
|---|---|---|
| Déchets verts (azotés) | épluchures, marc de café, tontes de gazon, fleurs fanées | oui, en quantité modérée |
| Déchets bruns (carbonés) | feuilles mortes, carton, branches broyées, sciure non traitée | oui, indispensables à l’équilibre |
| Produits animaux | viande, poisson, produits laitiers, os | non, jamais |
| Matières non biodégradables | plastique, verre, métal, litière chimique | non, jamais |
Pourquoi composter : intérêt écologique et bénéfices pour votre jardin
Composter, c’est réduire d’un tiers environ le volume de sa poubelle et transformer des déchets organiques en amendement gratuit. Le résultat de la décomposition, l’humus, améliore la structure du sol, retient l’eau et nourrit les plantations sans engrais chimique. C’est aussi une démarche écologique et une des bases les plus simples d’un mode de vie zéro déchet, à l’échelle d’un jardin comme d’un balcon avec un lombricomposteur.
Les déchets verts (azotés) à mettre dans le compost
Les déchets verts sont humides et riches en azote. Ils se décomposent rapidement mais tassent le compost s’ils sont apportés seuls, sans matière sèche pour compenser.
Déchets de cuisine verts
Les épluchures de fruits et légumes, le marc de café avec son filtre en papier, les sachets de thé sans agrafe métallique, les coquilles d’œuf broyées, les restes de riz ou de pâtes cuits sans sauce grasse : tout cela nourrit le compost. Les agrumes sont souvent pointés du doigt, mais en petite quantité et coupés en morceaux, ils se décomposent correctement, même si leur peau traitée mérite d’être rincée avant. Le pain rassis, émietté, se compose aussi très bien tant qu’il reste sec et non moisi au point d’attirer les nuisibles.
Déchets du jardin verts
Les tontes de gazon fraîches, les fleurs fanées, les mauvaises herbes sans graines, les résidus de taille tendres et les fanes de légumes complètent bien la cuisine. Il vaut mieux étaler les tontes de gazon en fine couche, car tassées elles fermentent et dégagent une odeur désagréable plutôt que de se décomposer proprement.
Les cas qui posent question : agrumes, pain, coquilles d’œuf
Les agrumes se compostent, mais lentement : coupez-les en petits morceaux et limitez la quantité. Le pain sec passe sans problème, contrairement au pain moisi ou couvert de beurre. Les coquilles d’œuf sont excellentes broyées finement, elles apportent du calcium, mais entières elles mettent des mois à disparaître.
Les déchets bruns (carbonés) indispensables au compost
Sans matières carbonées, un compost tourne vite à la fermentation nauséabonde. Les feuilles mortes ramassées à l’automne, le carton brun non imprimé déchiré en morceaux, les branches broyées, la paille, le foin ou la sciure de bois non traitée jouent ce rôle d’éponge et de structure. Ils absorbent l’excès d’humidité apporté par les déchets verts et laissent l’air circuler dans le tas, ce qui accélère la décomposition au lieu de la bloquer.
Un bon réflexe consiste à garder un stock de feuilles mortes ou de carton près du composteur, pour pouvoir en ajouter dès qu’on y dépose des épluchures. L’idéal reste d’alterner les apports plutôt que de tout verser d’un coup.
Les déchets à ne jamais mettre dans le compost
Viandes, poissons et produits laitiers
La viande, le poisson, les os et les produits laitiers se décomposent mal dans un compost domestique classique. Ils attirent les rongeurs, dégagent des odeurs fortes et peuvent développer des bactéries indésirables. Même chose pour les restes de plats préparés riches en sauce, huile ou graisse animale.
Matières non biodégradables et autres exclusions
Le plastique, le verre, le métal, les mégots de cigarette, les litières d’animaux carnivores, les couches et les végétaux traités aux pesticides n’ont rien à faire dans un compost. Certains cartons brillants ou imprimés en couleur contiennent des encres et des colles qui ne sont pas réellement biodégradables, malgré les apparences.
Conseils de base pour équilibrer et entretenir votre compost
L’équilibre vert/brun reste la règle numéro un : on vise environ deux volumes de déchets bruns pour un volume de déchets verts. Un compost trop humide sent mauvais et se tasse, un compost trop sec ne se décompose plus. Brasser régulièrement le tas améliore l’aération, apporte l’oxygène nécessaire aux micro-organismes et accélère la transformation en humus.
Pour ceux qui manquent de place, le lombricomposteur reproduit ce même principe à petite échelle grâce à des vers qui digèrent les déchets de cuisine. Dans les deux cas, patience et régularité font plus que n’importe quelle astuce miracle : un compost bien nourri et bien aéré finit toujours par donner un amendement de qualité pour le jardin.