Economies d’énergie - nucleaire - solaire.
Par balibar le 9 mars 2007
Thème(s) : Rôles nucléaire et énergies renouvelables
Mots clés : économies, nucléaire, solaire
Les centrales nucleaires peuvent produire une grande partie de l’électricité dans des pays suffisamment développés et réduire ainsi considérablement les émissions de CO2. Compte tenu qu’il faut réduire d’un facteur 4 la production de CO2 par habitant si l’on ne veut pas faire courir des risques graves au climat, et pour cela arreter de bruler inconsiderement du pétrole, du gaz et du charbon, se passer du nucleaire dans des pays développés est impossible. Le nucleaire n’est pas la seule solution face a un probleme aussi difficile, mais c’est certainement une partie de la solution.
Quant à l’objection fréquemment soulevée que les ressources en Uranium sont limitées, c’est un problème qui devrait être résolu par le passage aux centrales de 4ième génération , lesquelles transformeront leurs déchets lourds en combustible: en utilisant l’integralité du Plutonium produit, ces centrales utiliseront 100 fois moins de combustible et résoudront du même coup le difficile problème des déchets lourds. C’est ce qu’on pourrait appeler un nucléaire propre et durable. Les ressources deviendront alors suffisantes pour des milliers d’années, surtout si l’on exploite la filière au thorium actuellement à l’etude, car les reserves en thorium sont trois fois supérieures a celles en uranium.
A mon avis il faut donc
1- lancer un vaste plan d’économies d’énergies tant le gaspillage dans les pays riches est éhonté. Mais pour cela il faut une volonté politique ferme et courageuse.
2 - développer activement la recherche sur les centrales nucléaires de 4ième génération afin de les mettre en oeuvre le plus vite possible (quelques décennies au plus)
3 - développer toutes les autres sources d’énergie non polluantes partout ou c’est possible, en particulier le solaire thermique qui est tres facile à mettre en oeuvre, mais aussi le solaire photovoltaique dont les couts doivent pouvoir etre ameliorés, surtout si l’on fait des progrès dans les methodes de stockage. Il est a noter a ce propos que l’energie solaire est tres abondante sur laTerre, contrairement a l’énergie éolienne ou à celle de la biomasse malheureusement.


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Je suis d’accord avec le 1). Economie d’énergie avant tout, et il y a de la marge. D’ailleurs, c’est le plus rentable.
Pour le 3), oui pour dire que le solaire est suffisamment abondant pour couvrir les besoins terrestres (300 Watt / m² en moyenne de soleil reçu, moyenné jour/nuit et sur tout les points du globe. Cela nous donne une puissance énorme, dont une toute petite partie suffirait à couvrir nos besoins)
Pour l’éolien, le potentiel est énorme aussi, renouvelable. Un petit carré de 50 km * 50 km couvrirait les besoins européens.
La biomasse, effectivement est limitée, et en concurrence avec l’alimentaire, ce qui au niveau éthique pose le problème de réserver une surface pour se chauffer ou faire du bio éthanol quand d’autres crèvent de faim.
Mais alors pour le 2) , coté nucléaire, c’est encore refuser de voir le problème en face, s’en remettre au dieu technologique, et laisser le problème à nos enfants pour traiter les déchets (en plus des dettes en argent et retraite). Le comble du sans gène, de l’égoïsme.
A frank-nat: je me permets de rectifier les valeurs annoncées pour le solaire et l’éolien:pour le solaire,la puissance reçue au sol n’est en fait que de 185 W/m2 en moyenne et les continents ne représentent que le quart de la surface terrestre .Il vaut mieux raisonner en quantité d’énergie reçue au sol, en France environ 1,3 TWh/km2/an en moyenne, soit environ 700 000 TWh par an, ce qui est effectivement énorme. Mais que peut-on récupérer en fait de cette quantité d’énergie?Par la voie de l’électricité photovoltaïque, environ 5% en net si l’on tient compte des rendements moyens des piles industrielles actuelles, de l’énergie nécessaire à la fabrication des piles et de la surface effective des installations qui est supérieure à celle des piles.Il faut ensuite tenir compte du surdimensionnement nécessaire des installations pour compenser le fait que l’énergie récupérable est environ 3 fois plus faible en hiver qu’en été. Pour assurer nos besoins actuels en électricité, il faut donc des surfaces de l’ordre de 18 000 km2, soit celle de 3 départements.Où les trouver?Mais le problème le plus handicapant n’est pas celui-là: c’est l’intermittence du solaire, qui entraîne la nécessité d’un stokage et d’un “back-up ” quand il n’y a pas de soleil.En l’absence de méthodes suffisamment efficaces de stockage, il faut recourir à des centrales thermiques, qui doivent en fait fournir la majeure partie de l’électricité!
On rejoint là le problème de l’éolien.Son “gisement” en France est estimé à environ 140 TWh/an , dont 50 à terre, ce qui n’est pas mal, mais finalement pas énorme. Mais son intermittence limite considérablement les quantités récupérables.
On peut estimer à environ 5 % de notre production actuelle d’électricité, soit de l’ordre de 25 TWh, la quantité qui peut être débité annuellement sur notre réseau sous forme d’électricité photovoltaïque ou éolienne sans avoir à construire de nouvelles centrales thermiques, peut-être jusqu’à 10% en développant des systèmes de stockage astucieux.
Un développement très important conduit donc à la construction de centrales thermiques et donc à accentuer l’effet de serre , mais aussi bien d’autres pollutions dont l’ampleur a jusqu’à présent été occultée.
Le problème se pose différemment pour des pays comme l’Allemagne ou le Danemark qui fonctionnent surtout au charbon!Le développement de l’éolien et du solaire photovoltaïque leur permet d’économiser du charbon et donc de diminuer leur énorme pollution atmosphérique.Du fait de la souplesse de leurs centrales thermiques, il peuvent accepter sur leur réseau des proportions plus importantes d’électricité éolienne ou solaire.Mais ils ne peuvent pas dépasser 20%et ils se lient de cette façon irrémédiablement aux combustibles fossiles et à la pollution qui les accompagne..
Il me semble qu’en France, la meilleure façon d’utiliser le solaire est dans le chauffage et la climatisation des habitations, car l’intermittence peut être ici palliée par un stockage efficace de la chaleur.Celà implique une reconsidération de nos méthodes de construction.Quand à l’éolien , il me semble pervers d’en forcer le développement si l’on sait que cela conduit indirectement au renforcement de l’effet de serre et de la pollution atmosphérique.
Pour l’éolien, on oublie trop facilement que sa disponibilité est faible. En france, une éolienne produit en moyenne 2000h/an, soit 23% du temps et l’on ne choisit pas les périodes de fonctionnement. Une centrale nucléaire (mais le charbon a des caractéristiques voisines) produit plus de 80% du temps, voire 90 avec la 3è génération et dans le cas général on peut choisir le moment de l’arrêt. De plus les centrales éoliennes “polluent” le réseau de distribution par des harmoniques et, en trop grand nombre, elles rendent très difficile le redémarrage du réseau après une panne.
Le prix de revient du kW éolien est de l’ordre de 3 fois celui du nucléaire; mais pour le prix effectivement payé, c’est presque 5 fois en France.
Donc - pour remplacer 1 MW de thermique/nucléaire, il faut installer en pratique 4MW si l’on veut produire la même quantité, et celà ne dispense pas d’installer en plus des turbines à gaz pour être sûrs de “passer les pointes”.
- pour toutes ces raisons, la part de l’éolien et du solaire ne peut raisonnablement dépasser 20 % et c’est déjà très optimiste.
Concernant les déchets nucléaires, c’est oublier les énormes progrès déjà réalisés (compactage, vitrification, recyclage du Pu). D’autre part, la fermeture absurde et coûteuse de Superphénix nous a privés d’un laboratoire de recherches que nous mettrons 15 ans à remplacer. Des recherches prometteuses en cours actuellement au niveau européeen laissent espérer la mise au point d’une centrale “sous-critique” (donc parfaitement sûre puisque ne pouvant pas s’emballer) capable de dégrader complètement (en matériaux inoffensifs) les produits de fission à haute activité/longue vie.
N’oublions pas que nous avons très, très peu de temps pour réagir face à l’effet de serre.